REMUS GABRIEL ANGHEL

Je suis chercheur à l’Institut roumain de recherché sur les minorités nationales (ISPMN) à Cluj. Ces dernières années je me suis spécialisé sur la question des migrations, en particulier les migrations des Roumains vers l’Europe de l’ouest. J’ai analysé les migrations et les pratiques transnationales des Roumains à Milan et à Nuremberg. Mon but était d’observer comment ces migrants se construisaient un prestige social transnationnal, en Roumanie et à l’étranger. J’ai mis en évidence l’ambivalence des positions que les migrants acquièrent chez eux et à l’étranger, révélant de déconcertants mécanismes de perte et de gain de prestige. J’ai publié des articles sur les migrations des Roumains et co-édité deux livres, dont l’un des deux est un ouvrage collectif sur ce sujet. Actuellement, j’approfondis mes recherches sur l’ethnicité et les migrations, avec un focus particulier sur les migrations des Roumains Croates. Je prévois ensuite un travail de recherche sur les migrations vers la Roumanie.

Projet de recherche :

Cluj est l’un des plus grands pôles universitaires de Roumanie et elle attire actuellement l’une des plus importantes populations d’étudiants étrangers de Roumanie. Il existe trois types d’étudiants étrangers venant étudier dans les universités de Cluj : des citoyens européens venant d’autres pays d’Europe avec le programme Erasmus ou en tant qu’étudiants classiques, des étudiants venant de la République de Moldavie faisant leur scolarité en Roumanie, et des étudiants venant de pays extra-Européens, majoritairement de pays arabes. Etant donné la diversité de parcours ethniques et religieux de ces étudiants, ma recherche traitera de la façon dont les étudiants étrangers organisent leurs relations avec les étudiants locaux. Mon hypothèse de travail repose sur le fait que les étudiants moldaves se considèrent majoritairement Roumains. Ils mettent en avant leur lien social avec les Roumains, et essayent éventuellement de rester en Roumanie à la fin de leurs études. Au contraire, les étudiants arabes ont tendance à rester entre eux, alors que les étudiants européens auront plutôt des relations d’ordre pratique avec les Roumains. En s’appuyant sur des entretiens biographiques, ma recherche tendra à mettre en évidence les similitudes et les différences entre les façons dont ces étudiants établissent leurs relations avec les Roumains et envisagent celles-ci comme une stratégie d’identification, de commodité ou de différenciation.