Vernissage au Centre Social Ty Blosne – Mercredi 24 novembre 2011

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Vernissage à la bibliothèque du Triangle – 20 septembre 2011.


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EXPOSITIONS DU PROJET CCEU

L’âge de la tortue & la bibliothèque municipale « Triangle » ont le plaisir de vous convier au vernissage de l’exposition
« Correspondances Citoyennes en Europe – Les migrations au cœur de la construction européenne », du 13 septembre au 1er Octobre 2011.

VERNISSAGE LE MARDI 20 SEPTEMBRE
à la Bibliothèque du Triangle, à 18h.

PROGRAMME /

18h : Rencontre avec Romain Louvel, plasticien, suivie d’un apéritif.
20h : Projection du reportage « Correspondances Citoyennes en Europe » réalisé par Nani Blasco, vidéaste.


Ce vernissage sera également l’occasion de vous présenter le livre et le DVD que nous venons d’éditer pour
conclure ce projet.L’âge de la tortue & la bibliothèque municipale « Triangle » ont le plaisir de vous convier au vernissage de l’exposition
« Correspondances Citoyennes en Europe – Les migrations au cœur de la construction européenne », du 13 septembre au 1er Octobre 2011.

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Journal de Bord du coordinateur du projet pendant les résidences

Ce Carnet de résidence a été écrit avec l’idée de laisser des traces – aussi factuelles et légères soient-elles – de mon activité pendant les résidences des « Correspondances Citoyennes en Europe » à Cluj du 24 au 30 janvier 2011.

Jeudi 20 janvier : Rennes

Préparation du dossier CulturesFrance pour subvention 2011
RDV avec Paloma à l’Aire Libre pour la Déroute (recherche de coproducteur)
RDV aux Ateliers du Vent pour prépa de Conseil d’Administration
Modifier les salaires (à partir du 1er janvier)
Envoi à la traduction le texte « Intention du projet CCEU.doc » que je viens de terminer avec les corrections de nos amis relecteurs
Mail avec les traducteurs espagnols du cercle familial pour édition des Carnets de Pascal (ils ont tous dit oui) : Manuel Combes, Jacques Combes, Yvette L’Espagnol, Alain Corbel, Michel Divay et Jean-Pierre Sanchez.

Vendredi 21 janvier : Rennes

Finalisation du dossier CulturesFrance + envoi à la Ville de Rennes (échange téléphonique avec D.Eveillard)
Prépa de tous les docs à amener à Cluj et prépa des réunions avec Istvan et Ignasi
Suivi budgétaire CCEU bouclé
RDV avec Mehdi sur les réunions passées et à venir (journée Laïcité le 27/01)
Départ pour Lorient (décrochage expo, rencontre –avortée– avec les étudiants de l’UBS et Armelle Mabon, puis visite à Joseph Rio, discussion sur les textes, etc.)
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Publication des « Carnets de Correspondances / Cuaderno de Correspondancias »

Publication des « Carnets de Correspondances / Cuaderno de Correspondancias » de Pascal Nicolas – Le Strat.

Première de Couverture

Ce livre restitue, sous la forme d’un journal de terrain, une recherche sociologique réalisée dans le cadre du projet artistique Correspondances citoyennes en Europe − Les migrations au cœur de la construction européenne. L’auteur a partagé le travail en résidence des artistes : vidéaste, plasticien, écrivaine et comédienne, dessinateur et architecte, photographe. Cette recherche éclaire la conception et la conduite d’un projet à la fois transnational et transdisciplinaire. Elle expérimente et analyse les possibilités de coopération entre artistes et chercheurs en sciences sociales. Plusieurs problématiques sont étudiées dans l’ouvrage : les récits de vie et de migration, les processus artistiques à l’œuvre dans un quartier, la rencontre entre personnes, la gouvernance d’un projet multidimensionnel.

Un livre de Pascal Nicolas-Le Strat, édition bilingue, Fulenn 2011

Présentation publique le mercredi 22 juin à partir de 18h30 à l’atelier L’Oeil de chat, 1 rue Achille Bégé à Montpellier (Quartier Boutonnet).

Vous avez la possibilité d’acheter le livre en ligne auprès du site le-Commun.fr

Libraires, commandes possibles par mail: fulenn@orange.fr


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Saint Jordi: des roses, des livres et des correspondances citoyennes…

Deuxième étape: la fête de la Saint Jordi.

Cette fête populaire célèbre la victoire de saint Georges sur le dragon. Les garçons doivent offrir une rose aux filles et les filles un livre au garçons…

La rambla de Tarragone se remplit de monde ce jour-là et l’association Ariadna, la fondation Casal l’Amic ainsi que L’âge de la tortue, ont présenté le projet « Correspondances Citoyennes en Europe » ainsi que la valise qui contient les productions des artistes et des chercheurs.

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Retours en images sur l’exposition au Café Métropol à Tarragone

Nos collègues espagnols nous ont accueillis à bras ouvert durant cette semaine de restitutions dans la belle ville de Tarragone.

Première étape: l’exposition organisée au Café du Théâtre Métropol, du 20 avril au 7 mai.

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Les productions du projet en ligne!

« Correspondances Citoyennes en Europe – les migrations au coeur de la construction européenne »

Les productions des artistes et des chercheurs sont en ligne sur le site web dédié au projet!!

www.correspondancescitoyennes.eu

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Dernière livraison « S » : ECCE HOMO EUROPEANUS

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Revue « U »

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Dessin collectif dans un bar de Cluj.

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Timpul trecâud, am început să mă întreb.

Timpul trecând, am început să mă întreb.

Timpul trecând, am început să mă întreb.

Timpul trecând, am început să caut în câmpurile de grâu.

În locurile fără apă.

În abis.

Și am găsit sămânța.

Și atunci au părut cum-ul și de ce-ul.

Și nu știu-ul și nu vreau să povestesc.

Și mă agasează și nu-ți înțeleg intențiile.

Și nu am ezitat.

Am continuat să caut.

Voi continua să te caut, rădăcină.

Și în căutarea mea, un cuib.

Și o moarte.

Un câmp de maci și mirosul safranului aurit.

Și în căutarea mea, un fir.

Și o familie.

Procesiunea tăcerii care umblă de demult.

Și în fiecare distanță, un strigăt.

Și în fiecare strigăt, un suflu.

Și înconjurată de pământ,

Mă instalez în acest ghiveci.

Dansându-mă pe ritmul ce inventez.

Un cântec anonim ce-și continuă povestea.

Și nu-mi inventez nimic.

Privesc, căutând pământul.

Privesc, căutând pământul.

Privesc, căutând pământul, o mare-ndepărtată ce m-ar recunoaște.

Primindu-mă în brațele ei.

Visez.

Că mă primește.

Plâng naufragiatul neînțeles de mine.

Și mă epuizez.

Nu-mi înțelegi limba.

Și mă epuizez.

O oboseală vecină ce ne leagă.

Supraviețuiesc în visul meu.

Ce mi-e propriu mie.

În fereastră, un zid.

Aș vrea să văd treziri.

Perdeaua grie ce dizolvă totul.

Și în măruntaiele mele, aș înfrunta granițele uitării.

Speranța drumurilor fără piedici.

Pași ușurați.

Hârtii fără foarfeci.

Înaintez atenuându-mă, fără să mă ascund.

Ei zic despre mine că eu nu sunt străină.

Ei zic despre mine că eu nu sunt străină.

Că sunt din apă și din frig, din pădure și din râuri.

Ei zic că eu nu fug de-a lungul culoarelor fără sfârșit,

Că eu mănânc, beau, mă bucur, cânt și râd.

Ei spun depre mine că eu zic și ei zic,

Că nu am nimic a zice.

Că ei nu zic.

Fără dramă nu pot fi străină,

Aș fi doar o călătoare.

Mirosul drumurilor îndepărtate, pașilor de briză gelifiată.

Cu pașaport de amprentă umană, de saliva oamenilor de odată.

Și dintotdeauna.

De nesfârșite du-te-vino, când vreau eu.

Când eu am chef.

De mii de crepusculuri în absența lor, căutând…

Oare ei i-au văzut?

Ei zic că eu nu sunt departe, că totul e apropiat ca și sărutul.

Că eu nu mor.

Că sunt căpitanul vânturilor dominante,

Cârmă ce mângâi, însetată de stele.

În marea amantă ce mă leagănă, șoptindu-mi o limbă vecină.

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« N », dernier numéro à Cluj.

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Carnet de résidence 7 Cluj-Napoca : vendredi 28 janvier 2011

Ce matin, avec Fanny, nous débutons une journée-terrain consacrée à la préparation du Passeport. Nous souhaitons rencontrer un étudiant étranger. La population étudiante est importante à Cluj et le nombre d’étudiants étrangers l’est également. Remus nous a présenté la recherche qu’il conduit auprès de cette population spécifique. Continuer la lecture

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Last meeting

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Revue « A » – invité spécial

Qui est l’invité spécial ?

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Carnet de résidence 6 Cluj-Napoca : Hors pagination

J’ai redécouvert à Cluj l’ambiance enfumée des cafés ; je la redécouvre plutôt avec plaisir alors que je n’ai jamais personnellement fumé. Cette odeur est inséparable de mes souvenirs de fac. Continuer la lecture

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Femeile din Cluj

J’ai rencontré Nicoleta, une étudiante en anthropologie. Elle vient d’un petit village au bord de la frontière avec l’Ukraine. Elle est venue habiter à Cluj pour les études. Elle termine l’équivalent d’une thèse sur les médecines alternatives de certaines régions rurales de Roumanie. Elle jure qu’elle ne retournera jamais vivre dans son village, non pas qu’elle n’ait plus de liens avec sa famille, mais parce qu’ici elle peut être elle-même. Elle porte les cheveux courts et parle avec douceur. Elle ne croit pas en Dieu mais pratique les rituels traditionnels de l’année avec sa famille. Elle ne sait pas encore ce qu’elle va exercer comme métier mais elle sait ce qu’elle ne veut pas faire!

Maria est une grand mère Roms qui habite à Pata Rat. Elle a grandi dans un orphelinat non loin de Cluj. On l’a forcée à apprendre le russe lorsqu’elle était petite mais maintenant ça ne fait rien, elle le parle quand même. Elle a toujours un briquet rouge « king size » dans sa poche, pour les cigarettes des autres et les cierges de l’église. Pour la rencontrer il faut plutôt venir avant 17h car elle est à l’église dès la tombée de la nuit.

Laura est notre traductrice. Elle passe ses examens en même temps qu’elle travaille avec notre équipe. Elle est actuellement en master de psychothérapie, son deuxième master. Elle parle sept langues, certaines qu’elle a apprises à l’école, d’autres en regardant les télénovellas, et d’autres en étant à l’étranger. Elle m’explique que sous Ceausescu, le corps de la femme appartenait à l’Etat. La femme avait des taches réparties en quatre domaines:

  • La reproduction: l’État encourage les femmes à être « productives ».
  • L’administration de la famille: comptable, ménagère.
  • L’éducation des enfants: religieuse, vie en société.
  • La production des ressources, au même titre que les hommes.

Je me demande ce qui pouvait bien rester à faire aux hommes? Laura m’explique que l’État communiste encourage les femmes à prendre un rôle dans la société. Il a pu dans un certain sens, et en terme de production, les considérer comme égales à l’homme. Mais il leur fallait quand même accomplir les taches inhérentes au sexe: la famille. Ainsi le labeur de l’homme est volontaire et valorisé et celui de la femme reste un devoir naturel.

Andréea est absolument athée. Pour elle ce n’est qu’un chemin comme un autre pour comprendre la vie. Elle est étudiante en sociologie et travaille sur un café populaire de l’ère Ceausescu, qui semblerait-il était un espace de relative liberté de parole, et où pouvait se côtoyer membres de la Securitat et prolétaires…. une zone d’autonomie dont les murs existent encore Strada Universitatii. Elle vit depuis près de 10 ans avec son compagnon. Ses parents n’ont pas tout de suite compris qu’elle parte vivre avec lui à Cluj pour les études. Ils n’ont rien contre le fait que leur fille fasse des études, c’est au contraire une fierté en Roumanie, mais vivre avec un homme! Heureusement ils partagent leur logements avec d’autres étudiants, ainsi les parents sont rassurés…

Cosmina travaille dans une entreprise de softwares qui réalise les dernières applications pour les I-Phones. Elle pratique la religion orthodoxe depuis toujours et va à la messe tous les dimanches car c’est comme prendre des forces pour recommencer la semaine. La femme de Cosmina est une femme-lumière. La femme est forte car elle peut supporter beaucoup d’épreuves. Elle donne la joie autour d’elle. Cosmina me parle du mariage chez les orthodoxes. Parmi les petites choses symboliques, le test de la mamaliga. Si vous réussissez à faire une bonne mamaliga alors vous êtes bonne à marier! Elle rigole en me racontant qu’elle s’est rendue compte un jour qu’elle ne savait absolument pas faire de la mamaliga!

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Carnet de résidence 5 Cluj-Napoca : sans date

Dans mon dernier billet, j’écrivais que les Correspondances citoyennes en Europe était un projet dont nous avions largement exploré les potentialités. Il en va de même pour ce Carnet de résidence. Je vais encore livrer quelques paragraphes d’ici la fin de la résidence mais j’ai décidé d’en interrompre le rythme journalier ; Continuer la lecture

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Parution de « E »

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Univers CCEU

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Le « P » de la nouvelle revue

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Carnet de résidence 4 Cluj-Napoca : lundi 24 janvier 2011

Où en est le projet ? Mon questionnement ne porte pas sur le caractère plus ou moins abouti de nos travaux, ni sur le fait d’avoir atteint nos objectifs. L’état d’esprit des « résidents » n’est d’ailleurs pas à la formulation d’enseignements ou de conclusions ; nous sommes tous concentrés sur le travail en cours. Continuer la lecture

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Reunión en la Fabrica de Pensule, en la oficina de Alt’Art

Foto de la reunión en la Fabrica de Pensule, de casi todos los participantes en las residencias en Cluj.

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« O » !

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Carnet de résidence 3 Cluj-Napoca : dimanche 23 janvier 2011

Ma première cartographie de résidence. Nous sommes donc hébergés dans deux appartements situés dans des immeubles en voisinage immédiat. Néanmoins, en raison du froid, le déplacement d’un logement à l’autre implique une vraie sortie, avec l’ensemble de l’équipement : bonnet, écharpe, gants… Continuer la lecture

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Un dimanche à la messe

L’actualité du blog a été bien prise par nos rencontres avec les gens de Pata Rat. Notre équipe se retrouve au cœur d’une histoire violente et chacun tente de retranscrire avec sa sensibilité. Nous débattons entre nous de la plus juste manière de le faire tout en préservant le cadre de travail des Correspondances Citoyennes.

Pascal parle d’un « groupe des Correspondances ». Son expression prend son sens dans l’expérience qui nous a unis. Nous avons partagé les mêmes émotions face à la situation de ces familles. Nous pouvons réagir ensemble, réaliser une correspondance qui compilerait les travaux de chacun et que l’on adresserait à diverses institutions et médias.  Il me semble que ce serait expérimenter le projet jusqu’au bout…

Cette question reste en suspens et en débat constant dans notre équipe, je fais de même sur ce blog.

Je continue de travailler sur la thématique des femmes. Paloma est intéressée par ce que sont et ce que vivent les femmes au sein de la religion orthodoxe. Je suis donc allée à la messe avec Laura Sandu ce dimanche. L’idée était d’y rencontrer des jeunes femmes qui puissent me parler de religion. J’avais déjà fait quelques petites incursions dans les églises orthodoxes de Cluj pour trouver des images de la Vierge. Les églises orthodoxes sont très belles, peintes à la fois à l’intérieur et à l’extérieur.

Murs et plafonds recouverts de saints, de scènes de la bible, sans oublier Jésus et Marie, et parfois Dieu lui-même, très peu de blancheur dans ces lieux et pourtant on à l’impression d’être au cœur du monde. Il n’y pas ce sentiment de cérémonial propre à la messe chez les catholiques… Ici les gens vont et viennent, discutent entre eux pendant que le prêtre psalmodie et que trois jeunes hommes reprennent en chantant les litanies. Les hommes sont assis à droite et les femmes à gauche.

Au niveau du transept il y a l’Altar, un endroit sacré réservé aux prêtres et interdit aux femmes. L’Altar est séparé du reste de l’église par un grand panneau de bois doré couvert d’icônes représentant les personnages religieux. Si vous levez la tête au niveau de l’Altar, vous verrez Jésus au dessus de vous. Il occupe toute la coupole supérieure de l’église et vous fait signe de ses deux doigts repliés.

Laura et moi avons eu une éducation religieuse, elle pratiquante et orthodoxe, moi plutôt spirituelle et catholique. Nous avons cessé de croire à peu près au même âge mais j’ai senti que nous étions prises malgré nous dans la ferveur du groupe. Il y a quelque chose d’hypnotique à se laisser porter par la voix du prêtre, l’odeur des encens, tous ces saints qui vous regardent… Mon âme est sensible à ces ambiances mystiques en dépit de mon athéisme convaincu…

Pas évident pour nous que de courir après les femmes pour leur poser des questions sur la religion ! Nous avons essuyé quelques revers à la sortie de l’église… mais nous avons rencontrés Diana et Cosmina, des jumelles absolument enchantées de pouvoir parler de religion… et en français ! La chance me sourit, j’ai rendez-vous avec elles lundi soir.

En quittant l’église, Laura m’explique avec un sourire en coin que le prêtre chante l’histoire d’une femme qui tombe enceinte et qui attends un fils.

La femme attend toujours un fils !

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Publication de « R »

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Carnet de résidence 2 Cluj-Napoca : samedi 22 janvier 2011

Nous avions prévu de partir vers 10h pour le quartier de Pata Rat, retrouver Rita et sa famille ; ils ont été expulsés de leur logement du centre-ville et sont contraints de vivre maintenant dans un quartier excentré. L’arrivée de Sanyi accélère nos préparatifs. Continuer la lecture

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Pata Rat : l’europe sociale.

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Qui est-ce ?

by Fanny

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Adrian Barbu, caricatures

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Samedi 22 janvier

Ici, nous avons tous la même situation donc vous entendrez la même histoire.

Nous vivions dans une maison au centre de Cluj. Nous l’habitions tous ensemble depuis une vingtaine d’années. Le terrain appartenait aux militaires mais nous avons demandé pour pouvoir le louer. Nous avions un contrat de location et nous avons payé les loyers jusqu’au dernier moment !

Je suis née à Cluj et j’ai vécu 16 ans dans cette maison. Toute ma famille est de Cluj.

Nous avons appris que la mairie voulait nous expulser. Nous avons reçu l’avis quelques jours avant. On nous donnait jusqu’au 16 décembre avant 12h pour partir. La mairie prétextait que la maison était une zone insalubre mais ça n’a jamais été le cas !

Nous avons rétorqué en disant que nous étions dans la légalité mais nous avons appris que notre contrat de location s’était arrêté en 2009 !

Nous avons mal dormi la nuit du 15 au 16.

La mairie nous a mis dehors avec la force. Ils ont fait venir des cars de police et ils ont détruit la maison le jour même. Nous n’avons pas pu rassembler nos affaires. Ils ont mis le reste dehors sans nous aider à les transporter, c’est nous qui avons du organiser le transport.

La mairie a menti devant la presse en disant qu’ils n’avaient pas utilisé la force pour nous faire partir.

La mairie nous a donné des papiers en nous disant de nous rendre ici ou là mais nous n’avons jamais été reçus. On nous expliquait que nous serions relogés dans de meilleures conditions, mais nous n’avons jamais su où avant d’y être. Ils ne répondent pas à nos questions. Ils nous fermé leurs portes.

Ils m’ont obligée à changer ma carte d’identité qui était valable jusqu’en 2015. Maintenant j’ai une carte d’identité sans adresse et qui est valable jusqu’à la fin 2011.

A Pata Rat, ils nous ont dit que nous serions dans des logements modernes avec le confort. Sur la feuille de mon loyer on peut voir la liste des équipements : lavabo, douche etc. Ils nous ont dit que nous aurions 2 chambres et une cuisine par famille. Mais nous n’avons qu’une seule chambre avec la cuisine à l’intérieur ! Nous dormons à une dizaine de personnes par pièce. Nous dormons sur le sol et les enfants sur les lits. Nous devons nous partager deux toilettes et deux salles de bains pour quatre chambres, donc une quarantaine de personnes.

Et nous avons eu de la chance car les familles avec les enfants étaient prioritaires. Certaines personnes ont dû passer des nuits dehors. La mairie nous a dit qu’elle construirait de nouveaux logements… après deux semaines sans nouvelles, elle nous a dit que c’étaient finalement à nous de les construire. Elle nous a livré des morceaux de bois humides et sans outils. Nous ne savons même pas où construire les maisons, si c’est légal d’être sur un terrain ou un autre.

La mairie nous humilie et nous isole.

Au centre nous étions proches de tout : magasins, crèches et écoles, hôpital…

Il n’y a pas de transports publics. Il y a un bus scolaire pour les enfants qui passe à 7h55 en bas de la colline, il ne vient même pas jusqu’ici !

Certains doivent se lever à 4h du matin pour aller travailler. Lorsque l’on a besoin d’une ambulance, elle mets trois heures à arriver, personne ne veut venir ici.

L’air est suffocant, les enfants tombent souvent malades, ils ont des problèmes de bronches à cause des conditions de vie. Les murs et les plafonds sont humides, on sent les émanations des produits chimiques et de la décharge, il y a des moisissures et des champignons qui poussent dans les salles de bains.

Nous voulons que nos enfants aillent à l’école et qu’ils travaillent. Nous voulons qu’ils aient les mêmes possibilités que les autres.

Il y a beaucoup de différents types de communautés Roms mais nous sommes mis dans le même groupe. Les gens ne font pas ou ne veulent pas faire la différence. Il y a des discriminations dans le travail, moi je peux trouver du travail parce que je suis blanche de peau.

Les roumains ne nous aiment pas même si nous essayons de nous intégrer ! On est nés ici mais personne ne nous considère ! C’est du racisme. Nous sommes des personnes et non des animaux. Nous pourrions nous mettre à détester les roumains à notre tour.

Rien n’est sûr, ils peuvent venir ici avec leur bulldozer et tout détruire à nouveau.

Nous ne pouvons pas être fiers de notre pays. Si cette situation ne se résouds pas, je veux demander l’asile politique.

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Correspondiendo con los gitanos

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Pata Rat cu rominilor

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Carnet de résidence 1 Cluj-Napoca : vendredi 21 janvier 2011

J’ai quitté Montpellier en TGV jeudi vers 20h30. Mon vol ne décollait de Lyon Saint-Exupéry qu’à 6h30 le lendemain matin et j’avais prévu de passer la nuit à l’aéroport. Je n’ai pas eu envie de réserver une chambre d’hôtel pour ces quelques heures. Vers minuit, l’aéroport a commencé à se vider et nous nous sommes retrouvés trois personnes à dormir sur place. La nuit a été un peu étrange dans ce hall d’aéroport déserté Continuer la lecture

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Mercredi 19 janvier

Les jours passent de manière discontinue…

C’est étrange comme certains jours semblent être immobiles, dans le sens où j’ai l’impression qu’il ne se passe rien d’encourageant pour mes recherches; et d’autres sont si intenses que l’on se retrouve trop rapidement dans son lit le soir…

Ce mercredi est un de ce jours intenses. Avec Nani, nous sommes allés à une manifestation organisée pour les familles Roms. Ils réclamaient une entrevue avec le maire Sorin Apostu. Ils exigeaient d’être entendus et considérés comme des « cetăţean”, des citoyens. J’y ai rencontré Maria, une grand-mère de Pata Rat, ainsi que Nicoleta et Andréa, deux étudiantes venues à Cluj pour les études.

Nous avons pu nous rendre le soir même à Pata Rat. Nani, Romain, Laura la traductrice et moi même. Nous sommes arrivés à la tombée de la nuit, après être sortis de la ville, après avoir traversé une zone indéfinissable où se mêlaient de grands hangars d’insdustries modernes et des baraques en bois. Ensuite il faut monter sur la colline en longeant la décharge. Le « lotissement » est constitué d’une « rue » centrale avec de chaque côté 6 ou 5 maisons.

C’est Sebesi Titisor qui nous reçus et introduit chez lui. Nous-nous sommes retrouvés dans ce qui semblait être en salon mais qui est en réalité l’unique pièce où vivent une dizaine de personnes.

Ils ont raconté, ils ont dits et redit leur histoire. Ils ont parlés près d’une heure, une heure pendant laquelle nous serrions nos mains l’une contre l’autre dans un réflexe de timidité ou d’impuissance, quelque chose d’indéfinissable…

Nous avons parlé à notre tour, nous avons expliqué notre projet et pourquoi nous étions ici.

Mais nous avons besoin de temps nous-mêmes pour y réfléchir. Il nous faut être clair avec nous-mêmes pour pouvoir l’être avec eux. Que pouvons nous faire ? Nous ne sommes pas des sauveurs, et parce que nous venons d’autres pays nous ne disposons pas de pouvoirs supplémentaires.

Ils nous ont offert un verre de limonade et des cigarettes. Nani a pu sortir sa caméra. Nous avons pris des photos des documents administratifs envoyés par la mairie. Nous avons convenu de revenir samedi pour passer la journée là-bas.

Mais il faut que ces deux heures passées à Pata Rat « redescendent », que nous filtrions les émotions pour pouvoir être concret et efficace.

Ce jour là, j’ai eu de bons contacts avec les femmes de la famille. Paloma a déjà travaillé avec des femmes gitanes lors de sa résidence à Tarragona. Je suis donc dans la continuité de son travail et je me réjouis d’avance des moments qui m’attendent avec ces mères de familles, ces jeunes femmes et ces grand-mères. Que vont t’elles me raconter ? Est ce qu’elles resteront sur l’histoire de l’expulsion en exprimant des choses bien maternelles, comme j’ai déjà pu en entendre cette fois là ? Certaines m’ont dit que leurs enfants n’avaient pas pu voir le père noël de l’école parce qu’ils ont du partir avant. D’autres m’expliquent qu’elles ne peuvent pas laver leurs enfants correctement parce qu’il n’y a pas d’eau chaude. Ce sont des émotions de mères.

Est ce que j’arriverais à installer suffisamment de confiance pour qu’elles me parlent de qui elles sont réellement ?

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Carnet de résidence entre-deux : jeudi 20 janvier 2011

Entre deux résidences. Aujourd’hui, je pars pour Cluj-Napoca commencer ma troisième résidence de recherche. Je ne retrouverai pas Paloma qui, pour une très heureuse raison personnelle, a dû renoncer à se rendre en Roumanie. Mais elle a travaillé avec Fanny qui, elle, sera présente et je ne doute pas que nous parvenions tous les trois à nous organiser pour mener à bien le Passeport. Je relis donc avec d’autant plus d’attention les notes que j’ai prises à l’occasion de mon dernier entretien avec Paloma à Tarragona. Continuer la lecture

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Rencontre, accueil, discussion, soutien psychologique et café.

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Numéro 10, revue « U »

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Mardi 18 janvier

Le brouillard se lève sur Cluj… Je découvre l’ampleur de l’expression « purée de pois » !

Je poursuis mes ballades en limitant le périmètre à nos « blocs ». Nous habitons un ensemble d’immeubles assez moderne et encore préservé des dégradations du temps… Dans le boulevard d’à côté, une trouée de béton et d’immenses immeubles de type soviétiques qui courent sur plus d’un kilomètre ! L’architecture à Cluj est atypique et j’aurais l’occasion de publier plus tard sur le Facebook des photos choisies !

En attendant je repère différents lieux du quartier qui pourraient me servir dans mes recherches pour Paloma. J’essaye de fonctionner au ressenti, aux bonnes impressions… Le premier jour de mon arrivée, je suis allée faire des courses dans une des nombreuses supérettes du quartier. J’avais repéré que l’endroit était tenu par des jeunes femmes et je voulais y revenir sans trop savoir précisément ce que je cherchais. Les deux jeunes femmes étaient là et avec elle, une autre femme un peu plus âgée qui faisait les comptes. Ce n’est pas la première fois que je vois une femme faire les comptes au milieu de son commerce à Cluj… En effet le lundi, j’ai mangé dans un restaurant tenu par une femme qui assurait d’une main de fer les commandes, le service et la comptabilité ! Paloma m’a demandé de rencontrer des femmes pour nourrir son travail de création, et entre autres des femmes « de pouvoir ». Je ne sais pas encore ce que signifie le pouvoir des femmes à Cluj. Est ce que le fait qu’une femme tienne un commerce signifie qu’elle se trouve bien placée sur l’échelle sociale ?

Dans un autre registre, j’ai rencontré lors de la conférence sur l’expulsion des familles Roms de Cluj, un professeur en sociologie qui d’après Istvan est une femme connue, très revendicatrice et militante, qui n’hésite pas à faire entendre sa voix. J’espère pouvoir la rencontrer car elle pourra surement m’informer sur sa propre histoire ainsi que sur la place des femmes dans la société roumaine.

Plus tard dans l’après midi, nous avons rencontrés Remus Gabriel Anghel, le sociologue pour la Roumanie qui participe au projet. Il nous a fourni de nombreux éléments très intéressants sur les différents phénomènes de migrations en Roumanie même si certaines informations n’étaient pas en lien direct avec notre sujet. Un pays est toujours traversé par des flux de personnes qui se déplacent, et il se construit avec les histoires de ces mêmes personnes. Chaque pays à une façon différente de percevoir les personnes étrangères qui vivent dans son sein. Par exemple, lorsqu’une communauté dépasse un certain pourcentage dans une ville de Roumanie, elle a la possibilité de demander des traductions de documents et formalités administratives. C’est le cas des Turcs, qui sont considérés comme minorité « traditionnelle » puisque la Roumanie a fait partie de l’empire Ottoman. Par contre, en ce qui concerne les Roms, c’est autre chose… Les histoires politiques s’entremêlent aux destins et certaines minorités semblent compter plus que d’autres. En France nous sommes bien placés pour le savoir !

J’ai expliqué à Rémus ce dont j’avais besoin mais c’est Istvan qui a su répondre à ma requête. Je cherche une femme dont le mari est parti travailler à l’étranger. Je cherche aussi un entrepreneur étranger venu monter son affaire à Cluj. Istvan connaît beaucoup de personnes à Cluj et a tout de suite pensé à des personnes en particulier. J’attends en continuant mon chemin de mon côté !

Demain j’ai un premier rendez-vous, ma première rencontre « professionnelle » avec des habitants de Cluj… Je vais rencontrer les familles Roms qui se sont fait expulsées avec Laura Sandu la traductrice. J’ai hâte.

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Lundi 17 Janvier

Première journée dans cette ville inconnue qu’est Cluj-Napoca ! J’arrive ici dans un cadre un peu spécial… Je travaille au sein de L’âge de la tortue qui est une des associations coordinatrices du projet de coopération artistique « Correspondances Citoyennes en Europe – les migrations au cœur de la construction européenne ». Je suis ici pour remplacer Paloma Fernandez Sobrino, ma collègue et une des artistes pour la France du projet. Enceinte de 5 mois, elle a jugé préférable de ne pas effectuer ce séjour.

Je suis donc en mission, j’arpente les rues et je rencontre des personnes, je collecte des histoires de vies pour nourrir son travail artistique. J’ai rejoint Nani Blasco et Romain Louvel, deux artistes du projet déjà en résidence depuis une semaine.

Cette première journée à Cluj-Napoca est marquée par un superbe ciel bleu, inespéré selon mes collègues… J’ai passé une bonne partie de la journée à découvrir la ville et l’ambiance, munie de ma carte et de mon appareil photo pour faire des premiers repérages.  Une première impression : la ville paraît très dynamique! Pour environ 310 000 habitants à Cluj, on trouve près de 80 000 étudiants. L’université de Cluj est une des plus importante du pays et les facultés sont disséminées dans toute la ville, à l’inverse des villes française où tout se trouve dans un même périmètre.

Autre impression, on trouve des églises un peu partout… La Roumanie est un pays en majorité orthodoxe et très pratiquant. Il n’est pas rare de voir des personnes passer devant les églises et se signer.

En ce qui concerne mes missions, c’est très engageant ! En effet Paloma m’a demandé de trouver des représentations de la Vierge Marie, si possible sans l’enfant Jésus… Me voilà avec du pain sur la planche étant donné la concentration d’édifice religieux chrétien, orthodoxe ou réformé…

Vers 16h j’ai rejoint Istvan Szakats, le coordinateur pour la Roumanie. Nous sommes allés à la faculté de sociologie et de sciences sociales assister à une conférence sur le sort de familles Roms de Cluj.

Le 17 décembre, les autorités de Cluj ont expulsé de force un groupe de Roms. Certaines familles ont été installées dans des bâtiments qui ne leur permettent pas de se loger décemment dans le quartier de Pata Rat, qui se situe à l’extérieur de Cluj et à proximité de la décharge. Une certaine obscurité entoure les circonstances de l’expulsion. Istvan m’a dit qu’il y avait un consensus national dans les administrations pour expulser les familles Roms en toute illégalité. Il m’est difficile de juger cette situation, en tant qu’étrangère nouvellement débarquée… Etaient présents plusieurs membres d’organisation gouvernementales pour les minorités, des associations de Roms, des universitaires et des étudiants mais aucun représentant de la municipalité.

Je dois rencontrer ces familles mercredi prochain… Affaire à suivre.

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Revue « E » numéro 9 : première parution à Cluj-Napocca

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Fog

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On dit de moi que je ne suis pas étrangère.

On dit de moi que je ne suis pas étrangère.

On dit de moi que je ne suis pas étrangère.

Que je suis d’eau et de froid, de forêt et de rivière,

On dit de moi que je ne cours pas au milieu des couloirs sans fin,

Que je mange, que je bois, que je jouis, que je chante et que je ris.

On dit de moi que je dis et qu’ils disent,

Que je n’ai rien à dire.

Qu’ils n’ont rien dit.

Sans drame je ne peux être étrangère,

Je ne serai  qu’une passagère.

Odeur de routes lointaines, de pas de brise gelée,

De passeport d’empreinte humaine, de salive d’homme de jadis.

Et de toujours.

D’infinis va-et-vient, quand je le veux.

Quand je le décide.

De mille crépuscules sans eux, en cherchant…

Est-ce qu’ils les ont vus ?

On dit de moi que je ne suis pas loin, que tout est proche comme le baiser.

Que je ne meure pas.

On dit de moi que je suis capitaine de vents dominants,

Gouvernail que je caresse, assoiffée d’étoiles.

Dans les bras d’une mer alliée, me chuchotant une langue voisine.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Je regarde, cherchant la terre.

Je regarde, cherchant la terre.

Je regarde, cherchant la terre, des eaux lointaines qui me reconnaissent

M’accueillant dans leurs bras.

Je rêve.

Qu’elles m’accueillent.

Je pleure le naufragé que je ne comprends pas.

Et je m’épuise.

Tu ne comprends pas ma  langue.

Et je m’épuise.

Fatigue commune qui nous relie.

Je survis dans mon rêve.

Qui est le mien.

Dans la fenêtre, un mur.

Je voudrais voir les gens se réveiller.

Rideau de gris que tout dissout.

Et dans mon ventre, je passerai des frontières d’oubli.

Espoir de chemins sans entraves.

De pas légers.

De papiers sans ciseaux.

M’atténuant j’avance, sans me cacher.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Passé un certain temps, j’ai commencé à me demander.

Passé un certain temps, j’ai commencé à me demander.

Passé un certain temps, j’ai commencé à chercher dans les plaines de blé.

Dans des lieux sans eau.

Dans l’abîme.

Et j’ai trouvé la graine.

Et le comment et le pourquoi apparurent.

Et le je ne sais pas et le je ne veux pas te raconter.

Le ça m’angoisse et le je ne comprends pas tes intentions.

Et je n’ai pas hésité.

J’ai continué à chercher.

Je vais continuer à te chercher, racine.

Et au cours de ma recherche, un nid.

Et une mort.

Un champ de coquelicots et l’odeur du safran doré.

Et au cours de ma recherche, un fil.

Et une famille.

Procession de silence qui chemine depuis longtemps.

Et dans chaque distance, un cri.

Et dans chaque cri, un souffle.

Et entourée de terre,

Je prends ma place dans ce pot.

En dansant sur le rythme que j’imagine.

Chanson anonyme qui continue son histoire.

Je n’invente rien.

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Cantemos con alegría…

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Point de départ

Un voyage commence toujours par un point de départ.

Et suppose des lieux de transitions, des « entre-deux » comme des passages, entre le point de départ et l’arrivée.

Un départ se fait souvent tôt le matin. Lorsque tout autour est immobile et dort, nous nous déplaçons. On commence ce mouvement à côté des autres, ceux qui peuplent le quotidien d’une ville, d’un quartier.

On démarre sa trajectoire à contre courant ou en parallèle (c’est selon le point de vue) de la marche du monde.

J’aime la journée du voyage. J’aime ces lieux de transition où nous n’avons rien d’autre à faire que d’attendre le prochain déplacement.

L’immobilité qui précède au mouvement… C’est du temps complètement perdu !

Attente, assise, debout, bagages dans les pieds, observation des autres : qui voyage et pourquoi ?

J’aime ce temps perdu – retrouvé. J’adore cet entre-deux qui donne l’impression d’être hors du monde, et peut être complètement libre le temps d’un instant ?

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Surtout dans les bars…

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Visito con Aziz el Centro Islámico de Cluj-Napoca

El viernes Aziz me invita a asistir al oficio religioso en el Centro Islámico de Cluj. Hoy lo oficia un Imán de Costanza, una ciudad a orillas del Mar Negro.

Fue muy interesante comprovar cómo viven los musulmanes su religiosidad.

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Encuentro con Remus Anghel, el sociólogo de Cluj

Encuentro con Remus Anghel y István en el café Insomnia del Centro de Cluj, donde Remus me ha explicado a grandes trazos, y de modo muy interesante, lo esencial en cuanto la inmigración en Rumanía y en Cluj.

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Atravesar Europa en coche. Romain & Nani

Algunas sensaciones al atravesar buena parte de Europa en coche. Salida desde Tarragona, recogida de Romain, que estaba en casa de Pascal, en Montpellier. Atravesar Italia. Dormir en Eslovenia. Cruzar Hungría, comer pasado Budapest, y llegar a la frontera con Rumanía. 2 días. Vídeo de Nani Blasco

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On reste à l’intérieur

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Cluj – début des investigations

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THE passerelle – V2

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THE passerelle – V1

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Dernière parution à Tarragona de la revue « O ».

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Carnet de résidence 7 Tarragona : samedi 11 décembre 2010

Où est passé le jeudi ? Cette nuit, j’ai mis en ligne le Carnet n°6. Le précédent étant daté du mercredi, logiquement cette sixième livraison correspondait au jeudi. Mais ce matin, je prends conscience que ce Carnet du Jeudi restitue des activités et des échanges qui se sont déroulés vendredi. Cela fait un peu désordre. Continuer la lecture

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Tourisme

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Un ami qui vous veut du bien.

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Carnet de résidence 6 Tarragona : vendredi 10 décembre 2010

Nicolas m’a fait des retours sur les premiers feuillets de ce Carnet. Dans le Carnet 3 du lundi 6 décembre, après avoir évoqué le cheminement du projet entre les trois lieux et les transformations qui en découlent, je conclus mon propos en ces termes Continuer la lecture

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Revue « M » numéro 7.

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La veu del Rachid

Marruecos, estudiar, secundaria, normal, 1999-2000, Melilla, tranquilidad, negocio, padre, problemas, hermano, 2007, familia, Nador, contrato, aeropuerto, locutorio, trabajar, no historia. La veu del Rachid

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La veu de la Xiao Qun

padre, restaurante, Valladolid, aprender, hablar, español, familia, estudiar, colegio, secundaria, Qing Tian, Barcelona, boda, trabajo, hijos, clases, tiempo, matrimonio. La veu de la Xiao Qun

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Mon territoire.

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La veu del Felipe

Los Cortijos, talleres Domo, calderería, aprendiz, peón, chapa, puntear, biseles, electrodo, soldar, proveta, oficial de 1ª, Repsol, oficial de 3ª, Barreros, encargado, Empetrol, tubero, radiografía, montaje de coches, soplete. La veu del Felipe

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La veu del José

La señorita Lucía, estudiar, el colegio, Novoa, los 10 años, Pulido, hermanos, colegio Ave María, trabajo, tejar, pinche, cooperativa, Espino, Villacarrillo, Comeca, fiestas del pueblo, la carta, 3 hijos, cubas, Repsol, baja laboral, el pueblo, los hijos, diversión. La veu del José

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Revue « O » parue ce matin.

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Situations

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Carnet de résidence 5 Tarragona : mercredi 8 décembre 2010

Une correspondance est adressée à quelqu’un et à quelqu’un précisément désigné. Cette définition est moins évidente qu’il n’y paraît. Le choix d’un destinataire ne va pas de soi. Continuer la lecture

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Tiger Lilies et autre folies.

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Le mal du pays.

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Acogida.

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Carnet de résidence 4 Tarragona : mardi 7 décembre 2010

Lors d’un récent séminaire à l’École supérieure d’art de Quimper, Karine Lebrun, enseignante dans cette école, nous a fait découvrir les épiphytes ; ce sont des plantes qui se fixent sur d’autres végétaux mais sans prélever leur nourriture sur leur hôte. Elles n’agissent donc pas en parasite. Dans ma relation cette semaine avec Nicolas, je me comporte comme un authentique épiphyte. Continuer la lecture

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Revue « H », numéro 5.

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Carnet de résidence 3 Tarragona : lundi 6 décembre 2010

Je redécouvre le projet Correspondances citoyennes en Europe ; je le redécouvre bien que, formellement, sa finalité et sa conception me sont familières. Il est mis en œuvre dans un nouveau contexte et, en raison de cette reterritorialisation, se redispose et se reconfigure. Le projet est à l’image de son « sujet » ; il a migré. Continuer la lecture

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Carnet de résidence 2 Tarragona : dimanche 5 décembre 2010

Journée du samedi 4 décembre. L’équipe se réunit au complet en fin d’après-midi. Nous nous retrouvons au bar en face de l’immeuble mais le match de foot à la télévision rend la discussion difficile. La réunion se tiendra finalement à l’appartement. Continuer la lecture

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¡La virgen!

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Nosotros.

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La colonie s’agrandie.

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Carnet de résidence 1 Tarragona : samedi 4 décembre 2010



Je suis arrivé hier, vendredi, à Tarragona, en tout début d’après-midi. J’ai voyagé en compagnie de Nicolas à partir de Perpignan ; il arrivait de Paris en train de nuit. Nani est venu nous accueillir à la gare de Tarragona. Les retrouvailles sont chaleureuses. Continuer la lecture

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La Mari y su hermana Lola.

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Esperanza.

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Revue « E », numéro 4.

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Pajarillo en jaula.

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La Mari de Campo Claro.

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Revue « C », numéro 3.

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Pasado un tiempo, empecé a preguntarme.

Pasado un tiempo, empecé a preguntarme.

Pasado un tiempo, empecé a preguntarme.

Pasado un tiempo, empecé a buscar en los páramos de trigo.

En lugares sin agua.

En el abismo.

Y encontré la simiente.

Y entonces vino el cómo y el porqué.

El no sé y el no quiero contarte.

El me angustia y el no entiendo tus intenciones.

Y no vacilé.

Y seguí buscando.

Voy a seguir buscándote, raíz.

Y en mi búsqueda, un nido.

Y una muerte.

Un campo de amapolas y el olor del azafrán dorado.

Y en mi búsqueda,  un hilo.

Y una familia.

Procesión de silencio que camina hace años.

Y en cada distancia, un quejido.

Y en cada quejido, un respiro.

Y rodeada de tierra,

Acomodándome voy a esta maceta.

Bailándome voy un ritmo que yo invento.

Una canción anónima  que sigue su historia.

Que no estoy inventándome nada.

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Yo a tí te pondría un puente pá que pasaras, de tu casa a la mía.

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The flat

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Parution du numéro 2 de la revue « C ».

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Miro, buscando tierra.

Miro, buscando  tierra.

Miro, buscando  tierra, un mar lejano que me reconozca.

Acogiéndome en sus brazos.

Sueño.

Que me acoge.

Lloro al náufrago que no entiendo.

Y me agoto.

Que no entiendes mi lengua.

Y me agoto.

Cansancio vecino que nos une.

Sobrevivo en mi sueño.

Que es mío.

En la ventana, un muro.

Quisiera ver despertares.

Cortina de grises que todo disuelve.

Y en mi vientre, cruzaré fronteras de olvido.

Esperanza de caminos sin trabas.

De pasos ligeros.

De papeles sin tijeras.

Amortiguándome voy, que no me escondo.

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Dicen de mí que yo no soy extranjera.

Dicen de mí que yo no soy extranjera.

Dicen de mí que yo no soy extranjera,

Que soy de agua y de frío, de bosque y de río.

Dicen que yo no corro en los interminables pasillos,

Que yo como, bebo, gozo, canto y que yo me  río.

Dicen de mí que digo y dicen,

Que yo no tengo nada que decir.

Que no dicen.

Sin drama no puedo ser extranjera,

Seré sólo viajera.

Olfato de de rutas lejanas, de pasos de brisa helada,

Con  pasaporte de huella humana, de saliva de hombre de entonces

Y de siempre.

De ir y venir muchas veces, cuando yo quiera.

Cuando a mí me dé la gana.

De mil anocheceres sin ellos,  buscando…

¿A caso ellos los vieron?

Dicen de mí que no estoy lejos, que todo es tan aproximado como el beso.

Que no muero.

Que soy  capitán de vientos dominantes,

Timón que yo acaricio, sedienta de estrella.

En un mar amigo que me mece, susurrándome una lengua vecina.

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Vistas a los barrios de Ponent

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Clichés alentours

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Parution du numéro 1 de la revue « E ».

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Élargissements

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Premiers traits à Tarragona

Des bars, des artistes, des travailleurs sociaux, des gens, des réunion, des lieux familiers, des ombres, des discussions, …

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Carnet de résidence de Nicolas, à Rennes

Ce Carnet de résidence a été écrit avec l’idée de laisser des traces – aussi factuelles et légères soient-elles – de la manière dont j’ai vécu les résidences des « Correspondances Citoyennes en Europe » à Rennes du 27 septembre au 17 octobre 2010.

Lundi 27/09 :
Première journée en compagnie des deux artistes roumains impliqués dans le projet, leurs homologues espagnols devant arriver à Rennes vers 20h.
Notre nouveau collègue Mehdi fait ses débuts en tant que « facilitateurs de rencontres » entre les artistes résidents et les personnes qui habitent le quartier. Les échanges se déroulent alternativement en espagnol, anglais, français… Tous les intervenants pratiquent au moins deux langues. Malheureusement aucun de nous ne parle le Roumain. Andreea, notre amie roumaine vivant à Rennes, se joint à nous pour assurer l’interprétariat et éviter ainsi que les discussions qui demandent une compréhension précise et nuancée ne se satisfassent de notre anglais d’aéroport…
La sociologue Anne Morillon nous rend une première visite et propose une série de 3 temps d’échanges répartis sur les 3 semaines de résidence en présence de tous les résidents intéressés. Les mêmes thèmes seront abordés pendant les trois séances pour constater ou non, l’évolution des points de vue au fil des discussions. Si elle le souhaite, Anne précisera sur ce carnet de résidence, avec ses propres mots, les thèmes qu’elle a suggérés à l’équipe.
En fin de journée, Nani et Xavi arrivent enfin à Rennes les bras chargés de jamón serrano, un délice qui réjouit nos estomacs !

Mardi 28/09 :
Une première discussion a lieu entre les membres de l’équipe artistique sur les principes d’action de « Correspondances Citoyennes en Europe » et les projets de chacun dans le cadre proposé. Alors que l’équipe tortue souhaite prendre le temps – en réunion – de s’assurer que chacun a saisi en totalité l’esprit et les règles du jeu de « Correspondances Citoyennes », certains artistes aimeraient passer rapidement à l’action sur le terrain. Première incompréhension… vite mise de côté car il nous faut préparer pour le soir même l’inauguration du « Cabinet des Correspondances Citoyennes » à la bibliothèque du Triangle. Entre les dernières préparations, l’écriture d’un petit discours de bienvenue, l’accueil des invités et les sollicitations des journalistes, peu de temps pour souffler. Moi qui espérais consacrer une partie de ma journée à rédiger les perspectives de l’association pour la période 2011-2013 (à la demande de la ville de Rennes, en vue du renouvellement de notre convention), je n’ai plus qu’à me lever tôt mercredi pour m’y mettre avant qu’une nouvelle journée de travail en équipe remplisse mon agenda…!

Mercredi 29/09 :
Les discussions autour des modalités de contractualisation avec certains artistes me prennent une partie de la journée. Mes propositions pour régler ces aspects délicats et ennuyeux en amont n’ont pas abouti avant l’été, nous nous retrouvons donc pour discuter de détails réglementaires et législatifs sur les cessions de droits d’auteur…
Je profite de cette journée chargée en travail administratif pour rassembler sur mon après-midi quatre rendez-vous visant à concrétiser nos partenariats en région lors de la restitution de ce projet européen, notamment avec le Musée de Bretagne, les sociologues de Topik, la Maison Internationale de Rennes, ainsi que la Maison de l’Europe de Rennes. Dans la foulée, s’intercalent un entretien avec l’agence d’urbanisme de Rennes Métropole (AUDIAR) et le dépôt de notre dernier ouvrage – « Partir » – au centre d’art contemporain de Rennes. J’apprends avec surprise en discutant avec le directeur de cet équipement municipal qu’il s’apprête à candidater au programme « Culture » de la Commission européenne avec notre partenaire roumain Altart.
Ma journée se termine par une discussion téléphonique avec Thierry Deshayes, étudiant en sociolinguistique. Nous convenons de travailler ensemble sur l’analyse de « Correspondances Citoyennes en Europe », les entretiens qu’il réalisera dans ce cadre lui serviront notamment à alimenter son mémoire de Master 2.

Jeudi 30/09 :
Dernier jour du mois, jour de paie ! Ma journée s’organise majoritairement en dehors de notre projet européen, entre l’établissement des fiches de paie, les déclarations de cotisations sociales, le paiement des salaires, la rédaction des CDD du mois suivant, etc. Tant que je suis dans la paperasse et les chiffres, je boucle une première version de notre budget général pour 2011.
Nos amis du Strat’Collectif, qui occupent l’appartement juste en dessous du nôtre, montent d’un étage vers 14h à la recherche de conseils en gestion de trésorerie.
A 16h30 nous terminons une discussion (en anglais) sur la cession de droits d’auteur.
A 17h30, rendez-vous chez nos voisines de pallier, Triplettes & Cie, pour une nouvelle séance de mutualisation d’outils et de compétences. Nous avons pris l’habitude depuis quelques temps de partager nos savoir-faire, au menu aujourd’hui : le montage de coproductions théâtrales…

Vendredi 01/10 :
Pour les besoins de la recherche artistique de Xavi, architecte et peintre de Tarragona, je pars à la recherche de plans informatiques du quartier du Blosne au format .dxf, compatibles avec le logiciel AUTOCAD. Après avoir été renvoyé de bureaux en secrétaires, je finis par tenir au bout du fil le chargé d’opération de la ville de Rennes pour le projet urbain du Blosne. Nous nous sommes croisés à plusieurs reprises, une sympathie réciproque s’est installée entre nous, notamment depuis un voyage d’étude commun au printemps. Il a la gentillesse de s’intéresser au projet, et s’engage rapidement à obtenir les plans dont Xavi a besoin pour construire les villes imaginaires qui seront le support de ses Correspondances.
En fin de matinée, Fanny, Paloma et moi partons pour « La Cour des Miracles », café-librairie du centre-ville, où nous avons prévu d’installer l’exposition de photos liée à notre dernière édition : « PARTIR – Esguards, miradas, regards ».
Dans l’après-midi, je profite d’un nouveau passage par le centre-ville pour opérer le retrait en liquide destiné à rembourser les frais de transports des artistes roumains en résidence (pour éviter les frais bancaires supplémentaires, dus – paraît-il – à l’absence de convention entre la France et la Roumanie sur les échanges bancaires… L’Europe n’est pas encore la même pour tous semble-t-il, notamment quand on s’approche des Carpates).

Dimanche 03/10 :
A 16h, notre équipe se réunit pour une discussion autour des trois thèmes proposés par Anne Morillon. Nos échanges s’engagent sur la question des « frontières ». Fanny prend des notes, je m’efforce pour ma part de traduire les idées avancées par les uns et les autres, en jonglant comme je peux – et avec toutes les imprécisions d’un non-spécialiste – entre l’anglais, le français et l’espagnol. L’approche qu’Anne a retenue pour initier les débats semble faire ses preuves, la discussion s’enrichit des récits d’expérience des résidents « au travail » et de leur vision personnelle sur les thèmes proposés.
Je ne vais pas plus loin sur ce point, sachant que Fanny va nous proposer un compte-rendu de cette discussion.

Lundi 04/10 :
Xavi me sollicite pour assurer l’interprétariat espagnol-français de la discussion qu’il a prévue avec son premier « Correspondant », André Sauvage, habitant du quartier depuis 30 ans et sociologue de profession. Tous les deux parlent anglais, mais pour avoir une discussion plus fine ou plus approfondie, tous deux choisissent de s’exprimer dans leur langue maternelle.
L’idée de Xavi consiste à saisir auprès de ses Correspondants les émotions discrètes que leur procure la ville, l’urbain, en vue de fabriquer avec eux des cités imaginaires. Sa double compétence de peintre et d’architecte lui permet de jouer avec ces visions sensibles et métaphoriques de la ville. Au mois d’avril dernier, à titre d’expérimentation, il avait déjà réalisé avec ses premiers Correspondants « Cité Marouane », « Cité Enzo » et « Cité Paloma ».
André se prête très facilement au jeu et partage avec nous plusieurs anecdotes vécues. Si la compréhension du sens des mots passe bien sûr par l’interprétariat, il paraît évident que la complicité qui s’installe entre ces deux « rêveurs » tient beaucoup plus aux regards qu’ils échangent, aux blagues qui se passent de traduction, aux gestes de leurs mains, etc. Je prends beaucoup de plaisir à vivre avec eux ce moment de travail qui repose avant tout sur la qualité de leur relation humaine. J’ai le sentiment très net d’être au cœur du projet, c’est ici que cela se passe !
La suite de la journée sera plus agitée. L’une des artistes en résidence depuis une semaine décide de quitter le projet. Nous n’avons pas réussi à trouver avec elle une manière satisfaisante pour coopérer. L’année dernière déjà elle nous avait fait faux bond au moment où nous devions l’accueillir en résidence au Blosne. Je m’interroge sur son envie et sa capacité à s’adapter aux règles du jeu de « Correspondances Citoyennes », qui ne sont pas les siennes d’habitude. Les dimensions expérimentale et collective de ce travail artistique l’ont-elles mise en difficulté, au point de la forcer à trouver une porte de sortie ? Je ne sais pas vraiment…
Le déroulement des autres résidences nous laisse peu de répit, deux nouveaux intervenants arrivent au Blosne en milieu de journée. Claire est doctorante en sociolinguistique, elle démarre une résidence d’une semaine et prend ses quartiers dans la chambre restée libre au 1er étage. Romain est plasticien et dessinateur, il est à Rennes pour quelques jours seulement, qu’il mettra à profit pour réaliser une série de croquis. Ses dessins trouveront leur place dans le livre que nous éditerons en juillet prochain, ainsi que sur le site internet dédié au projet.
Romain, Fanny et moi-même passons la soirée avec notre équipe de résidents, l’ambiance est plus que conviviale. J’ai l’impression qu’une véritable dynamique d’équipe s’est finalement installée.

Mardi 05/10 :
Dès 9h, Nani et moi nous installons devant un café pour discuter des rencontres qu’il a faites pendant la semaine. Depuis 8 jours, il s’est beaucoup appuyé sur Mehdi, qui, puisqu’il y a grandi, connaît le quartier comme sa poche. Les récits collectés par Nani prennent la forme d’entretiens filmés avec des personnes auprès desquelles Mehdi l’a introduit.
Plus tard je verrai Xavi, puis Claire. Au fur et à mesure de nos discussions, je me rends compte qu’un point essentiel de « Correspondances Citoyennes » n’a pas été bien saisi par certains résidents. La place du destinataire : si la « Correspondance » est bien le fruit du travail conjoint d’un artiste résident et d’une personne habitant le quartier, une troisième personne joue également un rôle irremplaçable dans ce projet : c’est le destinataire de cette « Correspondance ». Il est désigné par le binôme d’expéditeurs. Pour illustrer cette idée, je discute avec Nani puis Xavi du travail de Paloma et de Marine Bachelot. Par le passé, toutes les deux ont créé des « Correspondances » qui prenaient tout leur sens grâce aux destinataires qu’elles avaient choisis. Sans doute que nous n’avions pas été suffisamment explicites sur ce point, je prendrai donc le temps avec chacun de faire quelques pas en arrière, au cas où.
En fin de journée, nous organisons une présentation publique du livre « Partir » au Cercle Paul Bert Landrel. Environ 25 personnes sont présentes, certaines ont participé à la réalisation de l’ouvrage, d’autres viennent par curiosité. Un débat s’engage sur l’altérité, la représentation de l’autre, le cosmopolitisme dans les villes d’Europe telles que Rennes.
A 20h, je quitte Le Blosne avec Fanny pour participer à une dernière réunion au bar coopératif « La Vie Enchantiée ». Nous y retrouvons nos amis de Parasol et du Pavé pour organiser les derniers préparatifs de notre manifestation du 9 octobre sur la place de Prague. Ce samedi-là promet d’être bien rempli, du matin au soir, entre montage et démontage, nous souhaitons sensibiliser et mobiliser les habitants du quartier sur les transformations urbaines dont leur proche environnement va faire l’objet. Cette journée viendra clore une série d’actions menées depuis le mois de mai avec le concours d’artistes, de militants de l’habitat solidaire et de l’éducation populaire. Affaire à suivre.

Jeudi 07/10 :
Dans le cadre de sa résidence de recherche, Claire me propose en début de journée un court entretien sur les acteurs de notre projet, mon rôle au sein de celui-ci, la place et l’usage des langues dans notre expérience collective, etc. En interrogeant successivement les résidents, elle se constitue un corpus d’enregistrements sonores qui lui serviront de matière première en vue de réaliser un article de recherche.
A 10h30, j’accompagne Mehdi à la traditionnelle visite médicale de début de contrat de travail. Exercice pas toujours plaisant, surtout quand il faut aller se perdre dans le labyrinthe de la zone industrielle de Chantepie pour trouver les locaux de la médecine du travail…
Retour au Blosne pour 12h, j’accueille Liselotte Guy, étudiante à Rennes, qui m’a été présentée par Thierry Bulot comme une personne susceptible d’être intéressée pour travailler avec nous sur l’analyse de « Correspondances Citoyennes en Europe ». De la même manière que Thierry Deshayes, elle se servira de cette expérience de terrain pour alimenter son mémoire de Master. Décidemment, notre collaboration avec le laboratoire de socioloinguistique de l’université Rennes 2 – PREFics – est riche de nouvelles rencontres profitables pour tous.
A 13h, nous démarrons le second temps de discussion initié par Anne Morillon. Cette fois, les échanges s’organisent autour de l’influence réciproque de nos pratiques professionnelles sur celles des autres. En réunissant des artistes, des chercheurs, des organisateurs, etc. venus d’Espagne, de Roumanie et de France, la combinatoire des agencements professionnels reflète immanquablement le très grand nombre de possibilités de collaboration entre des univers sociaux, professionnels, culturels distincts.
Pascal Nicolas-LeStrat, politiste à Montpellier, nous rejoint en milieu d’après-midi. Après avoir assisté à la fin des échanges sur le projet artistique de Nani qui convoque certains outils familiers à l’entretien sociologique, Pascal et moi partons marcher dans le quartier. C’est l’occasion – précieuse – de reparcourir avec lui les faits marquants des dix premiers jours de résidence.
En fin de journée, courte session de transfert d’informations et de compétences auprès de nos amis du Strat’Collectif. Ils ont créé deux emplois au sein de leur association en septembre dernier, et s’organisent à présent petit à petit pour gérer les mille et une inquiétudes liées aux déclarations sociales, au manque de trésorerie, etc.

Vendredi 08/10 :
Tôt le matin, je passe prendre Fanny chez elle pour partir au Blosne, nous empruntons sa voiture au passage, c’est un Renault Espace vidé de ses sièges arrières qui nous servira à transporter le matériel nécessaire à notre manifestation du lendemain, place de Prague. Passage éclair aux Ateliers du Vent pour récupérer le courrier distribué à l’adresse de notre siège social. Sur le trajet, arrêt minute à la banque pour retirer une somme en liquide destinée à rembourser les frais d’impression photographique d’Andrei.
A 11h, Bernard Boudic, directeur de la revue « Place Publique » vient rencontrer Fanny pour découvrir les détails de notre projet. Il propose à l’association de produire un article de 15000 signes d’ici au 20 novembre. Fanny se montre très intéressée par l’exercice, elle imagine déjà la façon dont elle pourrait inviter les artistes et chercheurs en résidence à contribuer à son écriture.
A 14h, Paloma me demande de servir d’interprète lors de la discussion qu’elle a programmée avec Andrei, Xavi, Fanny, Claire, Pascal et Anne, autour de son propre projet de résidence artistique. En invitant chaque personne pour ses compétences et sa sensibilité spécifiques, Paloma espère réaliser une œuvre nourrie par les contributions d’un maximum de résidents. Son projet, comme toujours, est très ambitieux. Elle sait mobiliser autour d’elle les personnes et les ressources nécessaires à l’aboutissement de son idée. Nul doute que ce projet saura par la suite s’émanciper de « Correspondances Citoyennes », tout en ayant joué le jeu des Correspondances à 100%, avec une véritable envie de construire du commun au sein de notre équipe hétéroclite.
En fin de journée, quelques voyages aux services techniques de la ville pour récupérer la tente, la sonorisation, les tables et bancs qui nous serviront le lendemain…

Samedi 09/10 :
Grande journée ! …partiellement déconnectée des « Correspondances Citoyennes en Europe » car nous organisons une manifestation avec l’association Parasol et la SCOP Le Pavé pour tenter de mobiliser les habitants de la place de Prague autour du projet urbain du quartier.
Entre le concert de nos amis marocains (qui répètent dans les locaux de L’âge de la tortue), les « Porteurs de Parole » proposés par Le Pavé, et le questionnaire provocateur initié par Parasol et Bouèb, peu de temps pour souffler… Xavi me demande d’assurer l’interprétariat d’une seconde séance de travail entre lui et André Sauvage. Les deux Correspondants se mettent au travail, je suis de nouveau ravi de contribuer à la coproduction de leur ville imaginaire. Xavi présente l’état d’avancement de son travail, André réagit en essayant de préciser les émotions que lui procure sa ville, matière première sensible qui servira à réaliser la Correspondance à venir…
Le soir venu, après deux heures de démontage, une discussion des plus sympathiques démarre autour d’un verre dans les locaux de notre association. Langues régionales, en Catalogne et en Bretagne, sont au cœur des débats. Les similitudes et surtout les écarts entre les faits linguistiques dans ses deux régions sont passionnants. Je prends beaucoup de plaisir dans cette discussion (en espagnol et en français !). Une occasion supplémentaire de constater que le politique (au sens collectif du terme) m’intéresse toujours davantage, alors que la politique (au sens médiatico-démagogique des dérives de notre époque) me désole de plus en plus chaque jour.

Dimanche 10/10 :
Une belle grasse matinée ! Je l’attendais depuis bientôt trois semaines, quel bonheur de prendre son temps autour d’un petit déjeuner…
Puis passage au Blosne, en début d’après-midi, pour esquisser un bilan de résidence avec Claire pour qui la résidence se termine aujourd’hui et qui regagne ses pénates en soirée. Quelques perspectives pour un prochain travail en commun se dessinent. Claire prendra le temps d’analyser toute la matière qu’elle a collectée, avant de décider de la forme (et de l’éventuelle adresse) de sa production. Peut-être une nouvelle forme de « Correspondance » en gestation…
Xavi est rentré ce matin en avion à Tarragona. Son activité professionnelle ne lui permet malheureusement pas de rester 3 semaines avec nous…
Un sympathique moment d’échange avec Pascal autour des trois premiers articles de son Carnet de résidence (habituellement, son « journal de recherche »). Je reste admiratif de sa capacité à formuler son analyse de manière à la fois aussi dense et aussi claire. Les phrases sont courtes, le vocabulaire précis sans être réservé aux seuls spécialistes, le tout se tient très bien, va droit au but, sans ambiguïté, et toujours avec humilité.
Chapeau !

Lundi 11/10 :
Nos partenaires représentant l’Espagne et la Roumanie arrivent à Rennes mercredi, d’ici là je m’efforce d’organiser nos temps de travail à venir. Les personnes du comité de pilotage ne sont pas faciles à réunir, chacune devant jongler avec son agenda professionnel et familial. Istvan et Ignasi tiennent à rencontrer tous les membres du comité, notre agenda collectif s’organise donc en conséquence, les journées de jeudi, vendredi et samedi promettent d’être bien remplies !
De 9h à 10h, petite session de transfert de compétences pour l’association L’œil d’Oodaaq, nouvel acteur culturel dans le paysage des arts visuels rennais.
A 10h, restitution du matériel emprunté à la ville de Rennes pour notre manifestation de samedi.
A 11h50, Pascal et moi rejoignons (avec un peu de retard) Thierry Bulot, coordinateur scientifique de notre projet, au restaurant de la Biocoop de Cleunay (la cantine du lundi pour Thierry). C’est l’occasion qu’ils se rencontrent, c’est aussi un moment qu’avait souhaité Pascal pour discuter de l’internationalisation des Master. Face aux dérives entrainées par la réforme LRU sur l’autonomie des universités, nous nous retrouvons autour de valeurs que nous semblons défendre tous les trois. Ce repas me laisse le souvenir d’un moment précieux, une expérience à réitérer.
En fin de journée, Pascal et moi nous rendons à l’hôtel de ville pour rencontrer Sylvie Robert, vice-présidente de Rennes Métropole chargée entre autres de la culture. L’idée est de clarifier avec elle ce que nous espérons de sa présence parmi nous vendredi prochain. Après quelques minutes de doute, elle semble être rassurée au moment où je lui dis que l’objectif de la rencontre de vendredi consiste simplement à formuler collectivement les problématiques qui nous serviront à organiser des débats publics au printemps prochain.
En sortant de l’hôtel de ville, Pascal et moi prenons un verre pour « débrieffer ». C’est aussi l’occasion de revenir sur des morceaux de nos parcours personnels. Au détour de la conversation nous nous arrêtons sur les questions de laïcité. Le sujet me passionne depuis quelques temps déjà. Je lui recommande la (très saine) lecture du rapport Bouchard-Taylor, réalisé au Québec sur les accommodements raisonnables et les ajustements concertés, comme manières de se saisir publiquement des différences culturelles. J’ai ici une pensée pour Jean-Michel Lucas, qui m’a fait découvrir ce texte (et bien d’autres encore !), et qui continue à nourrir ma réflexion avec ses propres écrits (Jean-Michel, quand vas-tu sortir ton bouquin ??!!)

Mardi 12/10 :
Jour de grève ! Les cortèges de manifestants à Rennes comme ailleurs promettent d’être denses et longs. La grève est annoncée « illimitée » par certains syndicats. Avant de rejoindre Fanny, Andrei, Pascal et Nani dans la manifestation, je rédige chez moi les articles quotidiens de ce carnet de résidence que je n’ai pas eu le temps de produire au jour le jour.
Devant le Palais Saint-Georges, vers 13h30, nous retrouvons Jérémy Véron, vidéaste ayant participé lui aussi aux « Correspondances Citoyennes » en 2008. Aujourd’hui il représente les organisateurs du festival de cinéma de Douarnenez. Notre idée commune est d’aller présenter en août prochain dans le Finistère le film documentaire que va réaliser Nani sur notre projet. Les choses ont l’air de bien s’engager, nous recevrons des nouvelles du festival prochainement.
Je passe finalement le reste de l’après-midi à terminer mon Carnet de résidence, ouf ! le retard est rattrapé… J’ai l’intuition que j’aurais regretté de ne pas avoir gardé ces traces de notre expérience, aussi factuelles et légères soient elles.

Mercredi 13/10 :
Comme je m’en doutais au début de cette série de résidences rennaises, la fin du séjour va être bien remplie, les temps de travail s’enchainent les uns après les autres. A peine le temps de souffler, entre les réunions du comité de pilotage, les discussions avec l’ensemble de l’équipe, les passages à la banque, etc. Mon carnet de résidence se transforme alors en énonciation lapidaire des actes marquants de la journée…
La journée démarre par la préparation des chambres d’Istvan et Ignasi. Paloma a réunit les draps et taies d’oreillers à laver, je les embarque chez moi pour une tournée de lessive. Un coup de balai, et je dépose dans chaque chambre un exemplaire du livre « Partir », un flyer de notre exposition installée à la bibliothèque, le livret qui présente les anciens travaux d’artistes résidents, et un trousseau de clés des appartements.
A 11h, avec un peu de retard, nous démarrons avec Thierry Deshayes, Pascal et Fanny une discussion autour de l’élaboration d’outils d’analyse de notre projet. En 1h30, nous balayons l’ensemble des questions qui se posent, proposons des ajustements de la méthode préalablement imaginée, de la liste d’indicateurs et des questions qui serviront à conduire des entretiens auprès des différents acteurs du projet. J’ai l’impression d’une bonne session de travail, efficace et sympathique !
A 12h30, Catherine Macé, chanteuse et musicienne, vient à la tortue chercher quelques conseils sur la conduite de son projet artistique. Elle nous avait sollicités cet été pour l’aider à construire des outils de gestion de son projet (dossier de subvention, budget prévisionnel, etc.). Ses récentes rencontres avec de potentiels financeurs l’amènent à se poser des questions, nous discutons ensemble de la stratégie à conduire pour les mois à venir.
Il est 13h, je reçois un coup de fil d’Isabel Andreen, c’est la personne qui nous a aidés à monter notre dossier pour la commission européenne. Elle m’invite à me joindre à un dîner dimanche avec des meneurs de projets européens présents actuellement à Rennes pour un séminaire de formation. Je me joindrai à eux avec plaisir.
L’heure de départ de l’avion d’Andrei vient de changer, il lui faut donc changer son billet de train, il me demande si je peux m’en charger, lui-même n’ayant pas de carte bancaire à Rennes. Par la même occasion, il m’explique que le groupe de Tchétchènes avec qui il a travaillé dans le cadre de ses « Correspondances » est à la recherche d’un ordinateur pour leur cours de langue. Il se trouve que mon vieil ordinateur est à la tortue et qu’il ne sert à personne, nous vérifions alors ensemble le matériel afin de le leur offrir.
Yacine, directeur exécutif des Ateliers du Vent, vient de m’envoyer un mail pour demander un conseil sur un calcul de salaire pour le cuistot qu’il vient d’embaucher en CDD. La comptable de son association n’étant pas là aujourd’hui, il passe naturellement par notre petit réseau de proximité pour régler ses questions. Solidarité interprofessionnelle ? Peut-être. Solidarité entre amis sans doute d’abord.
Nani s’apprête à retrouver son second correspondant, il prépare pour cela un questionnaire qu’il me demande de traduire en français. Je m’exécute rapidement, c’est de toute évidence prioritaire, dans la dernière ligne droite de sa résidence.
Dans l’idéal, je voulais trouver le temps aujourd’hui de préparer dans le détail le cadre de notre discussion collective en présence des élus Frédéric Bourcier et Sylvie Robert pour vendredi… C’était sans compter sur les demandes de coup de main qui me sont tombées dessus dans la journée (et auxquelles, comme souvent, je n’ai pas su dire « non »…). Je ferai donc ça demain, peut-être dans l’urgence, ce n’est jamais idéal, mais ça ira…
Et je file à l’hôtel d’agglomération, où Samuel (association Parasol) et moi-même sommes attendus pour témoigner de notre initiative liée au projet urbain du Blosne sur le secteur Prague-Volga. Notre auditoire occasionnel ne sera pas déçu, Samuel et moi avons prévu d’expliquer pourquoi il nous semble que jusqu’ici les conditions (politiques notamment) ne sont pas réunies pour innover en termes de « participation des habitants » dans ce projet urbain. Nous ne nous sommes pas faits que des amis en apportant cette contradiction, mais repartons sans regret. Selon nous, sans marge de manœuvre clairement établies dès le départ pour les habitants, les pouvoirs publics ont toutes les chances de constater que ces mêmes habitants ne se risqueront pas à passer du temps dans un dispositif « participatif » qui ne leur inspire pas confiance.
Istvan et Ignasi, coordinateurs de notre projet pour la Roumanie et l’Espagne, arrivent ce soir, je repasse rapidement à la tortue pour leur donner les « per diem » qui couvrent leurs frais de séjour à Rennes.

Jeudi 14/10 :

Une journée bien chargée, comme je pouvais m’y attendre…
9h: réunion des coordinateurs à propos de cette première série de résidences à Rennes. On y évoque le départ d’une artiste lors de la première semaine et la possibilité de la remplacer pour la résidence de Tarragona. Il est aussi question des doutes de Paloma pour continuer à assurer la coordination artistique du projet avec Istvan. Ce premier temps de travail est l’occasion de se redire que l’on a besoin de mieux communiquer entre nous pour éviter les incompréhensions à l’avenir. J’en sors rassuré.
11h: Larys Frogier, directeur du centre d’art contemporain La Criée, se joint à nous pour visiter nos locaux, discuter du projet et rencontrer Istvan avec qui il s’engage sur un nouveau projet de coopération européenne en 2011.
13h45-15h: L’équipe de coordination rencontre Maïwenn Furic à propos de notre budget, on choisit entre autres de financer prioritairement la venue de tous les intervenants à Rennes pour la restitution de notre projet. D’autre part, Pascal nous demande si l’on peut s’organiser pour qu’une personne francophone et roumanophone puisse travailler avec lui en binôme lors des prochaines résidences. On s’organise pour que cela soit possible, Andreea pourrait peut-être jouer ce rôle, on se renseignera sur ses disponibilités.
16h-18h: troisième discussion collective avec Anne Morillon. Frédéric Bourcier, adjoint au Maire chargé du quartier du Blosne, participe aux échanges.
18h30 : Je fais un tour rapide aux 40 ans du comité de quartier du Blosne. Discussion avec les personnes présentes à la réunion de la veille sur la concertation autour du projet urbain du Blosne. J’en profite pour regarder l’exposition de photos sur la construction du quartier.
19h: Nous présentons comme prévu en centre-ville le livre “Partir- regards” autour d’un punch à “La Cour des Miracles”.
Pour terminer cette journée bien remplie, Pascal, Marie-Pierre et moi partons dîner au Tire-Bouchon. Ce rendez-vous – très agréable – se ritualise. On en profite pour faire le tour des sujets politiques du moment, en écorchant au passage les inconséquences de certaines politiques locales…

Vendredi 15/10 :
8h : Rendez-vous avec Ignasi et Istvan, autour de trois cafés-croissants, pour prendre le métro et rejoindre Thierry Bulot à Villejean. Nous discutons de l’organisation éventuelle d’un séminaire à Rennes en avril sur le thème « Discriminations / Identités / Altérité / Langues ». L’idée serait de réunir sur trois demi-journées les chercheurs et artistes associés au projet. Cela nous amènerait à décaler du 9 mai au 8 avril notre restitution à Rennes. Faisable, à confirmer…
11h-12h15: Réunion de coordination à propos des résidences de Tarragona et de Cluj, ainsi que de l’édition du livre, de l’organisation des restitutions au printemps 2011, des comités de relecture, etc. Nous évoquons l’hypothèse de poursuivre nos actions de coopération par une candidature au programme “Culture” de la Commission européenne en septembre 2011. Let’s talk about that during the next Spring…
14h30-15h30: Réunion à propos des outils d’analyse de notre projet. Nous nous accordons sur la validité du travail en cours. Ignasi et Istvan regardent de leur côté s’il est possible de mobiliser des étudiants pour travailler avec nous sur ce sujet en Roumanie et en Espagne.
16h-18h: Dernière séance de discussion collective, en présence d’Anne Morillon, Pascal, Mehdi, Paloma, Nani, Ignasi, Istvan, Fanny, Sylvie Robert, Frédéric Bourcier et moi.
19h-00h: Dernière soirée, dîner ensemble, spécialités locales : calvados et palinka !

Samedi 16/10 :
11h: Discussion avec Paloma, Istvan et Ignasi à propos de la coordination artistique et des principes de communication et de décision entre nous. J’en ressors rassuré, et très heureux de voir que Paloma est de nouveau d’attaque pour porter la coordination de ce projet avec nous.
Andrei part à 9h… Pascal part à 14h… Istvan part à 18h… Nani et Ignasi vont à St Malo avec Paloma et partent dimanche à 6h du matin…
J’essaie de terminer les petites choses qu’il me reste à caler pour pouvoir véritablement mettre de côté mon « boulot » pendant quelques jours et prendre un peu de repos…
Ouf…
Mais quel sentiment étrange, après tant d’agitation pendant trois semaines, de se retrouver au calme pour rédiger ce carnet de résidence, tout seul dans les appartements tout juste désertés de L’âge de la tortue…

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Carnet de résidence 9 : samedi 16 octobre 2010



Départ de Rennes à 14h05 ; mon train a été annulé. Je dois passer par Paris et donc changer de gare. Étonnamment, mon retour se passe idéalement bien. C’est le propre d’une situation d’incertitude ; les micro-événements (l’obtention ou non d’une information, le retard attendu qui ne se produit pas…) s’enchaînent aléatoirement et déterminent, sans intentionnalité, une « conjoncture » qui va donner le la à notre activité, qui s’impose à nous et que nous subissons. C’est la tyrannie des micro-décisions, qui impacte ensuite tout le chaînage d’activités. Continuer la lecture

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